Circularité et sobriété
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Comment suivre et évaluer les pratiques liées à la circularité et la sobriété dans son tiers-lieu ? Quels outils ? Quels conseils pour faciliter la collecte de données ?
Le tiers-lieu limite l’achat de matériel ou de machine au strict nécessaire ?
Le tiers-lieu s’équipe avec du reconditionné (meubles, appareils électroniques et électroménagers, matériel informatique…)
- BIEN CHOISIR SON INDICATEUR (ET SON UNITÉ DE MESURE)
- RÉALISER DES INVENTAIRES POUR FACILITER SON SUIVI
- ACCOMPAGNER SES ÉQUIPES DANS LA COLLECTE DES DONNÉES
Ainsi, prendre le temps de bien choisir ses indicateurs et les unités de mesure associées est essentiel pour s’assurer qu’ils rendent compte de ce que l’on souhaite valoriser. Un bon indicateur est avant tout un indicateur compréhensible, accessible et cohérent au et aligné avec ses objectifs !
Dans le cadre de son projet Saisons Zéro au couvent des Clarisses, le collectif Zerm s’interroge justement sur ce sujet.
Dans ce “laboratoire de la frugalité appliquée”, le collectif teste et invente des façons alternatives de réhabiliter et d’habiter ce bâti ancien- un couvent de 6 500 m2, non chauffé- et met en place de nombreuses actions pour / en faveur de la réduction des consommations énergétiques, d’une meilleure gestion des déchets ou d’ optimisation des ressources.
“Faisant de la pénurie de moyens une opportunité plutôt qu’une contrainte, ils démontrent avec acte la possibilité, voir la nécessité de dépasser le dogme dominant de l’isolation thermique et du chauffage par convection, convaincus qu’on a pas besoin de transformer un bâtiment en thermos pour l’habiter ni de chauffer son air intérieur pour produire du confort thermique. Plutôt que comme une norme absolue et universelle, le confort thermique est alors envisagé comme une réalité multiple et dynamique qui dépend du moment, du lieu et de ce que l’on y fait. “
Mais comment rendre compte des effets de cette démarche frugale quand le DPE du bâtiment indique E ?
Plus encore, La majorité des solutions de rénovation thermique développées depuis plusieurs années sont basées sur l’ajout de complexes muraux isolants sur l’intérieur ou l’extérieur de l’enveloppe existante. Ces dispositifs s’avèrent coûteux en matières premières et représentent, pour certains, un impact carbone important. D’autre part, cette approche ne répond pas toujours à la double attente de confort en hiver et en été, ni à une sobriété nécessaire dans l’utilisation de matériaux, ni encore à une évolution de l’usage des espaces. L’effort se concentre sur le fait de garantir un confort sur l’intégralité des volumes bâtis, en réduisant les consommations d’énergies. Cela peut être traduit comme une recherche de performance exprimée en kWh/m²/an, mais pas nécessairement en kWh/habitant/an. Autrement dit, la performance des constructions est jugée de manière absolue, indépendamment de ses critères d’occupation ou des attentes des usagers. Or, si l’architecture est au service de l’humain, il faudrait pouvoir appréhender sa performance relativement à ses occupants. La réflexion du présent projet vise donc à explorer une approche de la réhabilitation qui place l’humain au centre des enjeux, en puisant autant dans l’histoire de l’architecture passée que dans les options technologiques en cours de développement aujourd’hui.
En d’autres termes, faut-il chercher à produire des bâtiments performants ?
Ou bien faut-il plutôt chercher à créer des situations pour lesquelles l’humain trouve des conditions à son bien-être, dans un bâtiment, tout en réduisant l’impact sur les ressources et les charges qui lui incombent ?
Dès lors, faut-il isoler systématiquement tous les volumes bâtis existant de manière homogène, quitte à gommer l’expression du patrimoine hérité ?
Est-il envisageable de prévoir une variabilité des critères et des volumes de confort en fonction des saisons, des usages, des usagers, des contextes bâtis… ?
Ne peut-on pas corréler le niveau d’exigence des bâtiments, à un temps t, avec les conditions du bien-être de ses occupants ?
→ Choisissez aussi vos indicateurs en fonction de votre capacité de collecte. Vous êtes pas capable de déterminer le nbr de tonnes, identifiez le nbr de poubelles.
Lien à notre tableau : Dans le tableau deux niveaux d’indicateurs sont proposés, afin de vous laisser la possibilité d’inscrire un indicateur plus facile à récolter et plus cohérent avec votre positionnement.
Faciliter le suivi du gaspillage. Pour les lieux qui disposent d’une offre de restauration, notez régulièrement les types et quantités d’aliments achetés et consommés, cela permettra de mieux anticiper les achats à faire, d’éviter les pertes et d’anticiper des campagnes de dons pour lutter contre le gaspillage.
Faciliter le suivi des consommations régulières (électricité, eau, consommables, etc.), afin d’identifier les postes les plus consommateurs et de se fixer d’éventuels objectifs d’amélioration (et de valoriser ces progrès !)
Faciliter le réemploi ou la réutilisation de matériaux, à l’image de ce que la coopérative Plateau Urbain met progressivement en place sur ce sujet !
Dans le cadre de sa politique de réemploi, la coopérative Plateau Urbain a mis en place un espace de stockage permettant de récupérer les différents équipements de ses lieux (matériaux et mobilier) dans le but de les réemployer, de les réutiliser ou de les recycler.
Le réemploi est une opération qui permet à des biens, qui ne sont pas des déchets, d’être utilisés à nouveau. Sans qu’il n’y ait de modification de leur usage initial : une porte reste une porte.
La réutilisation est une opération qui permet à un déchet d’être utilisé à nouveau en détournant éventuellement son usage initial : une porte devient une table.
Le recyclage est l’opération par laquelle la matière première d’un déchet est utilisé pour fabriquer un nouvel objet : une porte devient du bois à brûler.
source : Cycle UP & Matière Grise, Encore Heureux Architecture
Afin de faciliter le suivi du stock, chaque objet récupéré est inventorié dans un outil interne qui contient :
Le type de matériaux / objet récupéré
Une photo de l’objet en question
La quantité disponible
L’état
L’emplacement du dit objet dans le stock.
Ce système permet d’avoir une visibilité claire sur les matériaux et équipements disponibles, incitant ainsi les équipes à réutiliser les ressources existantes plutôt qu’à acheter de nouveaux produits, ce qui permet également d’éviter le stock dormant. Comme l’explique ce schéma qui retrace le parcours d’une étagère récupérée dans un lieu devenue rack à vélo aux Arches Citoyennes, l’inventaire joue un rôle important dans le processus et facilite ainsi la mise en place d’une démarche circulaire !
Voir si on peut faire un schéma qui explique le process et le rôle que joue l’inventaire ici ;
On cure un bâtiment
On stocke
On inventorie pour garder une trace, faciliter le suivi et informer les autres membres de la coopérative de ce qu’on dispose
On identifie un nouveau besoin : soit de réemploi, soit de réutilisation
On regarde dans le stock, on peut facilement voir ce qu’on a, ou c’est rangé, d’ou ça vient, ce que ça pèse… (nos données clés)
On réutilise ou réemploi.
Trois pôles proposent des services du quotidien qui reposent sur un socle commun de capacités mutualisées entre ses opérateurs :
1 — Le pôle logistique douce (premier et dernier km, stockage de proximité)
2 — Le pôle recyclage (matériauthèque, collecte et valorisation de déchets, plateforme de tri, lavage de contenants réutilisables facilitant la consigne)
3 — Le pôle accueil (ateliers d’artisans, bureaux, salle de réunion, salle de production culturelle, événementiel)
En tant que lieu de ressources, POP permet aux acteurs des industries culturelles de se développer tout en réduisant leur impact environnemental
L’écosystème de POP étant très large, notre évaluation se fait à plusieurs niveaux, auprès des partenaires, des opérateurs, des résidents et en interne auprès de l’équipe.
Notre conseil pour simplifier la collecte des données tout en sensibilisant et impliquant les équipes, est d’utiliser une approche participative et adaptée à chaque métier. L’objectif ? Intégrer l’équipe dans le processus de collecte pour le rendre aussi fluide et naturel que possible.
Nous conservons les grandes catégories structurantes : “moins consommer”, “mieux consommer”, “réduire les déchets”, tout en ajustant les indicateurs en fonction des spécificités de chaque métier.
Notre approche :
– Des fiches différentes par métier (ex: Régie, Production, Communication, Administration)
– Identification des bons indicateurs et définition des critères pertinents avec les équipes, en lien avec les objectifs fixés ensemble
– Une procédure de collecte simple et accessible, avec des fiches visibles et faciles à renseigner (ex. collées sur le bureau ou sur un mur de référence, plastifiées et réutilisables)
– Un suivi collaboratif via un report trimestriel et une analyse des données sur tableur, en lien direct avec la personne des actions RSE au sein du tiers-lieu
Grâce à cette méthode, nous transformons la collecte de données en un véritable outil d’engagement et d’amélioration continue.
Exemple de fiches métiers mises en place à POP Arles
Exemple des données de facturation
Dans le tableau en PJ, deux niveaux d’indicateurs sont proposés, afin de vous laisser la possibilité d’inscrire un indicateur plus facile à récolter et plus cohérent avec votre positionnement.